Au bal masqué ohé ohé

Allo.

Aujourd’hui, on a (presque) atteint le plancher de grève pour faire une révolution aka une grève générale illimitée. Faick? (À prononcer FECQ ou FEC) le bal est lancé. On a tout décoré et les invitations sont envoyées en bonne et due forme. Des invitations pour tout le monde, pas juste pour les couples, parce que les bals c’est le fun pour les célibataires aussi, questions de rencontrer des gens qui pensent comme toi. Hum… à bien y penser cette phrase n’a pas trop de sens, parce que oui on peut croire que le mouvement étudiant c’est une gang dogmatisée qui pense toute pareil. Mais non. Oui il y a des éléments dogmatisants, et là je pense à quelques personnes en particulier, mais ils sont justement dogmatisant parce que si tu ne penses pas exactement tout pareil comme lui ou elle, ben c’est parce que t’as pas compris. Même sur un petit détail qui parait futile telle une annonce faite en classe.

- Venez voter, pour ou contre la grève, c’est votre choix, mais venez en assemblée générale pour voter!

-Ben non! Faut venir voter POUR la grève, pis si vous y croyez pas là genre style, ben venez passs que dans l’AG on va vous donner les faits pis là là vous allez comprendre pis vous allez voter pour la grève. Yo.

Et ce bal là, il est enclenché depuis belle lurette. Lurette, comme celle dans le fond de ma gorge, que je sens enflée, qui me donne mal au coeur et me coupe l’appétit. Ma mère dit que c’est le stresse, mais je sais que c’est ma réaction allergique aux gens dogmatisants.

Et en tant que célibataire à ce bal de grève, je sais que je ne trouverai pas mon Roméo. En tout cas, ceux qui font battre mon coeur vite vite vite, c’est les grands, les gras et les méchants. Ils te font tout le temps sentir comme une incapable de réfléchir (quand pourtant, si ton opinion diverge du sien c’est parce que justement tu n’accepte pas de “vérité” toute cuite). Ces célibataires, ils font peur.

À ce bal, tout le monde porte un masque, mais ce n’est pas officiellement un bal masqué. C’est simplement parce que les invités aiment se prendre pour d’autres. Ils portent des costumes de sauveurs du monde, mais ils ne savent pas jouer le rôle. C’est juste un costume, pas une pièce de théâtre.

Je suis prise dans le tourbillon de la danse, mais je suis seule.

Bye.

A.No.

Capulet contre Montaigu

Allo.

Militer dans le mouvement étudiant, c’est pas toujours simple simple. Surtout si on était pas là en 2005. Tsé, la FAMEUSE grève générale illimitée de 2005!

Parce qu’à cette époque lointaine, il y avait l’ASSÉ (la CASSÉE), contre la FECQ et la FEUQ, mais techniquement unis contre Charest. Ça commence à faire pas mal d’acronymes, et c’est juste un début.

Pour simplifier ça, utilisons une métaphore avec la famille Capulet et la famille Montaigu, unies contre le roi qui veut augmenter les impôts, mettons.

Dans l’ancien lointain temps, elles se sont chicanées et se sont faites des coups chiens, mais vraiment chien tsé. Des choses impardonnables.

Les chefs de familles ne gèrent pas leurs membres de la même façon. Les Capulet prennent un peu plus de temps pour écouter les enfants et les femmes, mais les hommes ont quand même le dernier mot. Chez les Montaigu, le père de famille décide de tout tout tout, et si y’en a un p’tit maudit qui voudrait câlisser son camp, ben on le poursuit en justice (lire: on le décapite).

Les Capulet ne laissent pas entrer qui veut bien dans leur cercle d’intimes. Si tu penses pas exactement comme eux, tu vas passer un dur moment à expliquer tes positions pis t’es mieux de ben t’être préparé(e).

Les Montaigu eux, accueillent pas mal tout le monde, mais faut que tu sois aussi contre la hausse des impôts et contre le roi, en plus de leur payer un souper (lire: tant qu’il y a des bidous d’impliqués, ça fait leur affaire).

Les Capulets, ils détestent le roi, peu importe ce qu’il fait / dit / pense / porte. Donc, ils l’évitent le plus possibles ou ben non ils l’affrontent dans la rue avec des bâtons et des slogans méchants. Les Montaigu l’aiment pas ben ben non plus, mais ils soupent souvent dans son château pour discuter de politique et ils obtiennent toujours un petit peu ce qu’ils veulent.

Année après année, génération après génération, les deux familles se tabassent sans merci. Même pas un petit merci franchement!

Le pire de tout, c’est que personne ne sait plus d’où toute cette haine a commencé. Personne ne sait, mais tout le monde frappe. Parce que mon grand frère m’a dit de le faire, donc je le fais.

Et si jamais tu oserais adresser une parole ou un geste de sympathie avec l’ennemi, on te met dans le même camp qu’eux et on t’insulte aussi.

“Osti de Monteg’ de marde!”

“Les Capulet c’est des fous anarchistes violents!”

Au fil du temps, les Capulet et les Montaigu ont oublié qu’ils partageaient un point commun non négligeable : leur haine envers le roi. Bien que chacune de ces familles scandent fréquemment : “El pueblo, unido, jamas sera vencido!”, ben entre elles, c’est différent. Pas question de tenter une union, si faible et courte soit-elle, pour lutter dans un but commun.

Voilà, c’est simple comme ça les associations étudiantes nationales. Dans ma compréhension en tout cas. Mais tsé, moi je suis juste une petite nouvelle militante qui a pas connu 2005. Je peux pas comprendre, et je pourrai jamais vraiment comprendre à moins que je me plie aux Capulet et qu’ils m’expliquent comment ils sont bons et que les Montaigu sont méchants, ou alors que je cède aux Montaigu pour qu’eux m’expliquent comment ils sont les gentils et que les Capulet foutent toute la merde.

Des fois, je me sens comme Juliette, sauf que je french pas Leonardo DiCaprio…

Bye

A.No.

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Hello world!

Allo.

C’est moi.

Je milite parce que j’ai des convictions, sauf que  des fois elles sont difficiles à soutenir. Elles sont plus grosses que moi (difficilement imaginable mais oui), mais surtout plus fortes. Elles sont comme un caïd de cour d’école, disons qu’on l’appelle Jade, 15 ans. Elle est cool Jade, et elle aime se remonter en me rabaissant moi. Pour épargner les détails, elle m’intimide et m’étouffe de dans le de-dans. En tout cas, c’est pas le fun pour moi.

Bref, mes convictions, elles sont là et intimidantes. Sauf que je peux pas (pu) les ignorer, et j’ai jamais réussi à les faire sortir complètement de ma vie. Comme mon ex, mais c’est une autre histoire. Faick j’ai lentement mais sûrement appris à vivre avec elles (et lui maudit).

Je milite donc, la queue entre les jambes, pour suivre mes convictions.

Et je blogue parce que la blogosphère est plus abordable qu’un psychanalyste bidons.

Bye.

A.No